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passion livres et autres ...

06 juillet 2016

Le courage des pionniers

A l'orée du verger - Tracy Chevalier

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Nous sommes en 1838, dans l'Ohio, où la famille Goodenough s'est installée après avoir quitté l'Angleterre. Dans ce pays marécageux du Black Swamp, le père, James, cultive des pommes à cidre et à couteau, et la mère Salie, découragée par sa vie, se saoule à l'eau de vie, pour guérir (entre autres) des fièvres des marais qui ont fait mourir 5 enfants sur 10.

L'histoire est comme toujours chez Tracy Chevalier, abondamment documentée, et l'on apprend autant sur la rude vie de ces pionniers, que sur la culture des pommiers, et plus tard sur les séquoias, lorsque Robert, un des fils, quitte la ferme.

Les moments poétiques -greffe des pommiers, parfum des pommes, beauté des séquoias- alternent avec la rudesse de la vie.

L'accent est mis également sur le courage de ces femmes et de ces hommes qui ont construit un pays, ce qui m'a fait penser avec émotion, à mes propres ancêtres, partis au XVIII siècle au Canada, trouver une vie meilleure.

Après La jeune fille à la perle, La Dame à la Licorne, La Vierge en bleu, L'innoncence,  Prodigieuses créatures et La dernière fugitive, je suis toujours autant excitée lorsque j'ouvre la première page d'un des livres de cette auteure.

Un livre pour les vacances ...

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18 mars 2012

Suzan et Fleur

A défaut d'Amérique - Carole Zalberg

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ad_fautdam_riqueSuzan est venue d’Amérique pour assister aux funérailles d’Adèle qui fut l’amour secret de son père lorsqu’il participât à la libération de Paris.

Autour de la tombe se trouve également Fleur, petite fille d’Adèle et descendante d’émigrés polonais arrivés à Paris après la Grande guerre.

L’auteure nous fait voyager dans plusieurs pays au rythme des déplacements de ceux qui fuient l’horreur, en mêlant sur plusieurs générations l’Histoire à celles de ses personnages.

J’ai beaucoup aimé tous les personnages, et même si Carole Zalberg insiste plus particulièrement sur la vie de certaines femmes, tous sont attachants, courageux, surprenants.
Leur analyse (c'est ce que j'ai adoré dans ce roman) minutieuse, humaine, sensible démontre que finalement chacun, malgré une vie qu’il pourrait considérer comme plate et sans intérêt, participe à l’Histoire. J’ai eu la faiblesse d’éprouver ce sentiment !

Le récit mené tour à tour par Suzan et Fleur, donne un rythme léger, dynamique, et un suspens omniprésent m’a conduit à lire l’ouvrage dans la journée (aidée par une sciatique qui me paralysait).

Merci à Slo pour ce cadeau, énième coup de cœur de 2012.

Voir aussi le site de Carole Zalberg

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05 mars 2012

Où étais-je ce week-end ?

Enfin un peu de temps ... pour vous faire partager mes découvertes du dernier
week-end de février clinoeil

A Madrid. Encore ! direz-vous : "j'ai un point de chute" chez ma fille qui y vit depuis presque deux ans !

Samedi, visite d'Avila, à un peu plus d'une centaine de kms de Madrid.

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Avila est située à 1182m d'altitude ...

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ceinturée de murailles du XIIème siècle, merveilleusement conservées (d'après le guide touristique. Mais peut-être y a t-il eu quelques restaurations ?).

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Cette magnifique demeure a elle, en revanche, besoin d'une bonne restauration !

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Une des nombreuses églises de la ville : Basilique des Saints Martyrs Vicente, Sabina et Cristeta.

Le dimanche après-midi, par 19° au soleil (oui, oui), embarquement dans le téléphérique de Madrid.

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Sur presque 3 kms, il va du centre de Madrid (Paseo del Pintor Rosales) à la casa de Campo, magnifique parc.

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Avec vue sur le Palais royal ...

Le lundi soir, dîner dans le restaurant le plus vieux du Monde, d'après le livre Guiness des records.

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En 1590, la maison obtint "le droit de privilège pour hôtes logés", contre le paiement de 150 ducats. Depuis cette époque, le bâtiment a servi d'auberge et de cabaret.

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Remanié, restauré, le "Botin" (c'est le nom du restaurant) a fait "des cochons de lait rotis" sa spécialité ...

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 servie dans un décort superbe et convivial ...

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29 février 2012

Doucement mais sûrement ...

Le syndrome de glissement - Elisabeth Laureau-Daull

lesyndromeNous sommes le 1er janvier 2011, Julienne a fêté hier ses 85 ans.

Avec beaucoup de pudeur, d’humour, de réalisme, Julienne nous raconte sa vie aux Mouettes, Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (HEPAD).

Elle nous relate également celle des autres pensionnaires, leurs petites misères, les jalousies, les égarements, mais aussi les méthodes du personnel soignant et d’encadrement.

Le récit de son séjour aux Mouettes alterne avec le récit de son existence, qui ne fut pas particulièrement réjouissante entre Mémé sa grand-mère maternelle qu’elle a adorée, et Jeanne sa mère qu’elle n’a pas beaucoup aimée.

Pendant sa courte escale aux Mouettes, Julienne tante de sortir de ce « glissement » quelques pensionnaires, mais le directeur veille à la tranquillité des vieilles personnes, et surtout à la sienne.

Ce n’est pas un roman joyeux, mais on ne baigne pas non plus dans le pathos, l’auteure décrivant avec subtilité ce syndrome qui emmène doucement mais sûrement certaines personnes âgées à se désintéresser de vivre.

NEWSBOOK

Merci à NEWSBOOK et Arléa pour ce partenariat

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12 février 2012

Coup de foudre !

Trois surprises à bord du Bahnhof zoo
Manuel Piolat Soleymat

troissurprisesPrésentation de l'éditeur : Nous ne saurons rien de précis, mais les sentiments et les gestes sont tumultueux. C’est la nuit de Léonce, qui abandonne son antique demeure pour s’enivrer de danse avec d’autres hommes. C’est l’accusation de Michel, qui expose la faute de la femme haïe et adorée, trop sensuelle. Un récit polyphonique d’une exigence exceptionnelle qui met en spectacle les mots et les silences.

Oui, mieux qu’un coup de cœur ! Et pourtant c’était mal parti.

Déstabilisée par le style de l’auteur qui, au début du récit nous livre UNE phrase par page, j’ai plusieurs chapitres plus tard (quelle superbe idée d’avoir insisté), été emportée par le rythme.

J’ai été emportée par la grâce de l’écriture, l’emploi du voussoiement qui, loin d’instaurer une distance entre Michel et Léonce, induit un respect pour l’autre qu’il ou elle ne connait pas, mais que chacun sent en questionnement, en attente d’un « oui » ou d’un « non » qui fera que l’aventure continuera ou se terminera.

Le roman est construit comme une pièce de théâtre, respecter la ponctuation en le lisant en accentue l’impression et le rend vivant.

J’ai d’ailleurs découvert après avoir terminé le livre, qu’il existe une version théâtrale (je sais, ce n’est pas bien de ne pas parcourir les premières pages).

Au fur et à mesure que les pages s’enrichissent, apparaissent d’autres personnages, dont les interventions tout en sensibilité, tout en retenu et pudeur, aident à comprendre le comportement de Léonce Janssen.

Le roman terminé, j’ai relu le début, pour découvrir ce que je n’avais pas bien perçu.

Un seul bémol : je n’ai pas compris le titre !

Merci à Slo pour le prêt.

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10 février 2012

Un Teulé comme je les aime

Ô Verlaine - Jean Teulé

overlaineJ’aime beaucoup les biographies écrites par Jean Teulé (Je, François Villon – Le Montespan) : contrairement à beaucoup d’autres auteurs, il les rend vivantes.

On a l’impression de lire un roman : les lieux sont habités et non statiques, les personnages sont animés et non figés.

Ces derniers mois de la vie de Paul Verlaine, bien que « ‘ignobles et sublimes » comme le précise la 4ème de couverture de l’édition pocket, se déroulent quasiment devant les yeux du lecteur, un peu comme un film.

Jean Teulé à l’art des descriptions imagées : « Le vitrier de la rue Descartes pénétra dans l’humide logis. Il avait un visage en éclat de verre – long nez pointu, menton de même, hautes pommettes saillantes, lèvres effilées, regard aigu, cheveux piquants, dents acérées – et il portait dans son dos des rectangles de ciel … noir. »

Les bagarres entre ses deux compagnes, ses beuveries dès qu’il possède un peu d’argent, les manifestations de reconnaissance des étudiants au seuil de sa mort, l’assistance de certains de ces amis ou d’inconnus et surtout celle de Henry-Albert Cornuty, adolescent qui monta à pied à Paris dans le but de rencontrer Verlaine, le Paris de cette fin 19ème, tout ici est raconté avec énergie, avec cœur, avec spontanéité, en un mot avec VIE !

Dans son récit, Jean Teulé a glissé également quelques poèmes de Verlaine, dont celui très touchant que le poète écrivit à Christine Vanier, la fille de son éditeur :

Parfois dans un local plein de livres, deux hommes
Se gourment presque, bien que bons garçons au fond ;
C’est votre père et moi dont les paroles vont
De l’offre à la demande en quels écarts de sommes !

Je n’ai pas l’air commode. Il est mal disposé.
Choc terrible ! Soudain, au fort de la querelle,
Petite et fine à la croire surnaturelle,
Une enfant apparaît, grands yeux noirs, teint rosé.

Elle s’enquête, elle tremble, comme inquiète
-Sérieusement trop ? Non, - du bruit de tempête
Que vont menant ce monsieur chauve et son papa

Souriants sur-le-champ, - et voici la paix faite
Entre, en un mutuel et franc mea culpa,
Votre père, éditeur, et moi, votre poète.

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31 janvier 2012

VITE LU, VITE OUBLIE ...

Tuer le père - Amélie Nothomb

tuerlepereMon premier Amélie fut Stupeurs et Tremblements, que j’ai beaucoup aimé. Puis vint Péplum qui m’est tombé des mains. Ensuite Antichrista, qui je crois m’avait plu, mais ne m’a laissé aucun souvenir. J’ai apprécié Métaphysique des tubes à la deuxième lecture, quant à Tuer le père, vite lu, vite oublié je pense.

Dommage, les rapports entre un fils et son père de substitution auraient pu être intéressants s’ils avaient été analysés véritablement. Un certain suspens, une visite au Burning man annuel dans le Nevada et quelques incursions dans le monde de la magie m’ont aidé à terminer ce roman. Et puis 150 pages, ce n’est pas la mer à boire ...

Merci à Doriane pour le prêt.

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29 janvier 2012

MA LIBRAIRE EST FORMIDABLE !

Tangente vers l'Est - Maylis de Kerangal

tangentePartenaire pour nos soirées littéraires, Le pain de 4 livres à Yerres, qui avait bien compris que Naissance d’un pont de Maylis de Kerangal m’avait enchanté, m’a offert le dernier sorti de cette auteure, Tangente vers l’Est. Mon bonheur fut le même avec ce petit ouvrage de 127 pages.

L’histoire dure 4 jours, le temps qu’il faut à Aliocha, jeune appelé russe, pour rejoindre en Transsibérien le camp militaire de Tchita.

La plupart des appelés n’a qu’une idée : déserter, s’enfuir. C’est ce que cherche à faire Aliocha, qui n’a pas d’autres moyens d’échapper à l’enfer des camps militaires.

Il rencontre Hélène, jeune française montée dans le train à Krasnoïarsk.

Avec le même style qui m’avait tant plu, nous entrons dans l’atmosphère si particulière de ce train de légende, pour un parcours qui n’a rien de romantique pour tous ces appelés.

Cependant, l’auteure réussi à nous faire rêver lorsqu’elle décrit les paysages traversés ou l’amour que portent les Russes au lac Baïkal. En parallèle, le lecteur découvre comment les voyageurs vivent 4 jours dans ce train mythique : les repas, la surveillance militaire, le désœuvrement des appelés, le travail des "hôtesses de wagon" qui sont également soumises à la délation …

A lire si on aime le style si particulier de Maylis de Kerangal.

Note de l'éditeur : Ce texte a été conçu dans le cadre du voyage d’écrivains dans le Transsibérien organisé par Cultures France pendant deux semaines, en juin 2010, sur la partie orientale du trajet Novossibirsk-Vladivostok. Sa première version, sous forme de fiction radiophonique, a été profondément remaniée pour le présent volume.

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20 janvier 2012

EN BREF : 3 lectures de décembre-janvier

Le garçon dans la lune - Kate O'Riordan

legarcondanslalunePrésentation de l'éditeur : Mariés depuis dix ans, Julia et Brian traversent une crise conjugale en demi-teinte. S'ils restent ensemble, c'est peut-être à cause de Sam, leur fils de sept ans, un enfant enclin à la rêverie qui voit dans la lune un petit garçon qui pleure. Mais lors d'une visite au père de Brian en Irlande, un drame affreux survient, qui se soldera par l'échec de leur union. Julia décide d'aller vivre chez son beau-père, un homme taciturne et tyrannique qui se sert d'elle comme femme à tout faire. En lisant des carnets dérobés, rédigés par la mère de Brian depuis décédée, elle ressuscite le secret qui étouffe les membres de la famille. Dans ce roman troublant et inoubliable de sensibilité et d'amour, construit comme un suspense, Kate O'Riordan s'impose de nouveau dans une magistrale fresque sur l'ambiguïté des sentiments et la fragilité de la nature humaine.

Mon avis : j'ai a-do-ré ! C'est mon premier coup de coeur 2012. De la sensibilité dans l'étude des personnages ; de la poésie dans la description des lieux ; un suspens présent mais discret ; des secrets de famille comme dans toutes les familles ...

Olivier - Jérôme Garcin

olivierPrésentation de l'éditeur : A la veille de ses six ans, Olivier fut fauché par une voiture. Il ne survécut pas à l'accident. II était le frère jumeau de Jérôme Garcin. Olivier a grandi en lui, en même temps que lui. Une présence fantomatique qui lui a donné très tôt le goût du repli, et un étrange rapport à l'existence. Dans ce récit, Jérôme Garcin remonte le fil de ses souvenirs, met en regard les grands textes littéraires ainsi que les écrits scientifiques consacrés à la gémellité. et retrouve à chaque fois un peu de ce frère perdu. Un jeu de miroir et de mémoire pour tenter de dire ce drame qui a déterminé sa vie. Olivier prolonge La chute de cheval et Théâtre intime, deux récits antobiographiques parus aux Editions Gallimard.

Mon avis : on en sait un peu plus sur Jérôme, peu sur Olivier. J'avais adoré La chute de cheval, Bartabas, Théâtre intime, Perspectives cavalères, Barbara claire de nuit (oui, c'est un de mes auteurs préférés), avec celui-ci je suis déçue. Je n'ai pas vraiment ressenti au fil des pages, les tourments, la souffrance, les manques de l'auteur, vis à vis de cette disparition.

 L'innocence - Tracy Chevalier

linnocencePrésentation de l'éditeur : Londres, 1792. Thomas Kellaway, ébéniste de son état, prend à la lettre l'invitation de Philip Astley, directeur du cirque du même nom, et part tenter sa chance à Londres. Mais passer de Piddletown à Lambeth n'est pas sans conséquence pour ses enfants. Ils ouvrent de grands yeux sur la ville tumultueuse et impitoyable que la jeune Londonienne délurée Maggie entreprend de leur faire connaître. William Blake, leur voisin, graveur et poète, sera le guide spirituel des adolescents tandis qu'ils franchissent le chaotique et exaltant passage de l'" innocence " à l'" expérience ". Un voyage initiatique dans le Londres de la fin du XVIIIe siècle, en marge d'une société déboussolée par les échos sanglants de la Révolution française.

Mon avis : je l'ai abandonné ! Je me suis ennuyée, contrairement à La jeune fille à la perle, La vierge en bleu ou Prodigieuses créatures. Je continuerai cette auteure que j'aime avec un autre titre.

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16 janvier 2012

JE CONSOMME AVEC MODERATION

 

levindanslart

A Noël, mon frére m'a offert ce magnifique ouvrage (qui a dit que mon frère me connait bien !), que je consomme avec modération. Quelques chapitres de temps en temps...

Je visite l'Egypte (XIVè siècle avant J.-C.) ; passe par la Perse (VIè-Vè siècle avant J.-C.) ; m'arrête à Pompéi (1er siècle) ; admire les peintures de Velasquez (XVIIé siècle) ; celles de Cezanne ...

Entre temps, je lis. Des romans. Mais en ce moment, également avec modération ... Y a des périodes comme ça ...

Posté par Marifran à 10:51 - Commentaires [3] - Permalien [#]
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