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07 février 2010

TOUT EST BIEN QUI FINIT BIEN

Italo CALVINO - Le Vicomte pourfendu

vicomteLe Vicomte Médard de Terralba, s’enrôle dans l’armée de l’Empereur, pour « faire plaisir à certains ducs de son voisinage ». Il va combattre les Turcs.

Mais pendant la bataille, un boulet de canon le fend en deux, de haut en bas : « il ne savait pas que l’on doit aborder les canons que de côté ou par la culasse ». Un médecin décide de s’occuper de ce « cas magnifique », et essaye de le sauver « pendant que les pauvres soldats qui n’avaient reçu qu’une flèche dans le bras, mouraient de septicémie ».

Si vous n’appréciez pas cet humour cynique, inutile d’aller plus loin.
Moi j’aime bien (en littérature du moins), et c’est cette particularité qui rend le conte acceptable.

Médard, pardon, la moitié droite de Médard rentrée chez lui, laisse éclater le côté obscur, méchant, de son caractère.

Vous savez, cette partie de soi, que l’on repousse, que l’on cache, que l’on nie, et bien lui, la laisse vivre sa vie. Sur un ton toujours aussi cynique, par des actions plus ou moins odieuses.

Et puis un jour, il tombe amoureux d’une « bergerette », a qui il fait la cour, d’une manière toujours aussi délicate. Mais Paméla résiste et pose ses conditions.

C’est à peu près à ce moment de l’histoire, que le côté gauche du Vicomte apparaît. Lui ne fait que le bien, entre autres aider et soulager les lépreux réfugiés à Préchampignon. Mais le mieux, n’est-il pas l’ennemi du bien : « Des deux moitiés la bonne est pire que la mauvaise, commençait-on de dire à Préchampignon ».

La fin de ce petit livre (122 pages) est digne de certains films américains : Pour une raison que je ne vous dévoile pas, Trelawney, médecin et personnage déjanté comme tous les personnages de ce récit, recolle les deux morceaux de Médard. « C’est ainsi que mon oncle Médard redevint un homme entier, ni méchant ni bon, mélangé de bonté et de méchanceté, c'est-à-dire un être ne différant pas, en apparence, de ce qu’il avait été avant d’être pourfendu. Mais il avait l’expérience de l’une et de l’autre moitié ressoudées : aussi devait-il être sage ».

Cette histoire, construit comme un conte, avec des gentils, des méchants, des actions fantastiques, des scènes sur le moment incompréhensibles, illustre merveilleusement la dualité inhérente à l’être humain.

J’ai beaucoup aimé cette manière d’aborder un sujet aussi grave.

J’avais bien apprécié également, pour d’autres raisons, Si par une nuit d’hiver un voyageur (voir mon commentaire dans l’index).

Posté par Marifran à 21:53 - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

    il y a une éternité que je n'ai pas lu Italo Calvino, j'ai envie de me laisser tenter car j'adore l'humour lorsqu'il est très noir et cynique et comme toi j'ai beaucoup aimé "Si par une nuit d'hiver "

    Posté par Dominique, 08 février 2010 à 09:48
  • @ Dominique : N'hésite-pas alors, lis celui-ci ! Je viens de me commander (sur Poche-troc)Le Baron perché, qui est parait-il très bien aussi []

    Posté par Meria, 08 février 2010 à 13:12
  • J'adore Calvino. Celui là est l'un des rares qu'il me reste à lire

    Posté par praline, 19 avril 2010 à 23:07
  • @ Praline : n'hésite plus alors ! tu DOIS le lire []

    Posté par Meria, 20 avril 2010 à 17:11

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