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10 février 2012

Un Teulé comme je les aime

Ô Verlaine - Jean Teulé

overlaineJ’aime beaucoup les biographies écrites par Jean Teulé (Je, François Villon – Le Montespan) : contrairement à beaucoup d’autres auteurs, il les rend vivantes.

On a l’impression de lire un roman : les lieux sont habités et non statiques, les personnages sont animés et non figés.

Ces derniers mois de la vie de Paul Verlaine, bien que « ‘ignobles et sublimes » comme le précise la 4ème de couverture de l’édition pocket, se déroulent quasiment devant les yeux du lecteur, un peu comme un film.

Jean Teulé à l’art des descriptions imagées : « Le vitrier de la rue Descartes pénétra dans l’humide logis. Il avait un visage en éclat de verre – long nez pointu, menton de même, hautes pommettes saillantes, lèvres effilées, regard aigu, cheveux piquants, dents acérées – et il portait dans son dos des rectangles de ciel … noir. »

Les bagarres entre ses deux compagnes, ses beuveries dès qu’il possède un peu d’argent, les manifestations de reconnaissance des étudiants au seuil de sa mort, l’assistance de certains de ces amis ou d’inconnus et surtout celle de Henry-Albert Cornuty, adolescent qui monta à pied à Paris dans le but de rencontrer Verlaine, le Paris de cette fin 19ème, tout ici est raconté avec énergie, avec cœur, avec spontanéité, en un mot avec VIE !

Dans son récit, Jean Teulé a glissé également quelques poèmes de Verlaine, dont celui très touchant que le poète écrivit à Christine Vanier, la fille de son éditeur :

Parfois dans un local plein de livres, deux hommes
Se gourment presque, bien que bons garçons au fond ;
C’est votre père et moi dont les paroles vont
De l’offre à la demande en quels écarts de sommes !

Je n’ai pas l’air commode. Il est mal disposé.
Choc terrible ! Soudain, au fort de la querelle,
Petite et fine à la croire surnaturelle,
Une enfant apparaît, grands yeux noirs, teint rosé.

Elle s’enquête, elle tremble, comme inquiète
-Sérieusement trop ? Non, - du bruit de tempête
Que vont menant ce monsieur chauve et son papa

Souriants sur-le-champ, - et voici la paix faite
Entre, en un mutuel et franc mea culpa,
Votre père, éditeur, et moi, votre poète.

Posté par Marifran à 16:37 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

    je suis en train de lire Le Montespan que j'adore! et comme j'aime Verlaine, je vais passer à celui-là. merci !

    Posté par Violette, 06 mars 2012 à 11:02
  • @ Violette : finalement je préfère Teulé dans ses biographies, plutôt que dans ses romans !
    Le Magasin des suicides par exemple, ne m'a pas laissé un souvenir imperissable.

    Posté par Meria, 06 mars 2012 à 12:01

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