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26 juin 2010

BIS REPETITA PLACENT

L'accompagnatrice - Nina BERBEROVA

accompagnatriceSaint-Pétersbourg, 1919, au lendemain de la révolution d’Octobre.

Sonechka, bâtarde et pauvre, de père inconnu, est engagée par Maria Nikolaevna, soprano issue de la société pétersbourgeoise, pour l’accompagner au piano durant ses répétitions et ses concerts.

Lors de cette seconde lecture en vue de la réunion dînatoire de mon club de lecture, j’ai apprécié d’une autre manière ce roman.

J’ai, comme au cours de ma première lecture, savouré le style épuré et concis de l’auteure ; la description précise et sobre des deux personnages féminins principaux, la description des lieux sans qualificatifs superflus : « Pétersbourg. Année 1919. Les grands tas de neige. Le silence. Le froid et la faim. Le ventre gonflé de gruau d’orge. Les pieds qu’on n’a pas lavés depuis un mois. Les fenêtres bouchées avec des chiffons. La suie liquide des poêles. »

Cependant, connaissant l’histoire, j’ai eu le loisir de mieux appréhender les personnages qui gravitent autour de Sonetchka (l’accompagnatrice) et Maria Nikolaevna (l’artiste).

Et j’ai découvert que le portrait qu’en dresse Nina Berberova, est aussi pointu, du point de vue stylistique, et riche et intéressant sur le plan romanesque, que celui des deux femmes. Pour moi, c’est même l’intérêt majeur de cet ouvrage.

Les sentiments qu’éprouve l’accompagnatrice, passent alternativement de l’amour à la haine, tout au long du récit : envers sa mère, qui n’a pas su lui donner un père, en reconnaissant cependant son courage de femme seule ; mais surtout envers la soprano, qui est belle, rayonnante, talentueuse, mystérieuse -une vanesse pourrait-on dire- qualités qu’admire Sonetchka, en même temps qu’elle la hait parce qu’elle est reconnue (pour son talent et sa beauté), alors qu’elle-même est en quête éperdue de reconnaissance. Reconnaissance, qu’elle ne trouvera jamais.

Et ce jeu de relations est présent également chez les autres personnages du roman, bien que les sentiments qui les animent ne soient pas aussi extrêmes.

Je lirai certainement un autre Berberova !

VANESSE (1er mot du défi des mots) : ou vanesse du chardon, ou Belle Dame, est un papillon diurne.

Posté par Marifran à 08:23 - Commentaires [9] - Permalien [#]
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Commentaires

    Beaucoup aimé moi aussi, tout comme ses "chroniques de Billancourt" (j'en parle dans mon "grenier")

    Posté par Doriane, 29 juin 2010 à 12:52
  • Il est dans ma PAL celui-là, faut que je me le remonte

    Posté par Slo, 29 juin 2010 à 18:29
  • @ Doriane : je vais aller voir ton grenier

    Posté par Meria, 30 juin 2010 à 08:26
  • @ Slo : remonte-le ! Il est très facile à lire

    Posté par Meria, 30 juin 2010 à 08:27
  • Bien aimé car il est court mais dense dans les relations humaines.

    Posté par 94sophie947708, 04 juillet 2010 à 21:32
  • J'avais beaucoup aimé ... ayant offert mon exemplaire poche je me suis acheté un volume de chez France Loisirs et je dois lire "le mal noir" et le "Laquais et la putain" deux romans de 50 pages...
    a plus

    Posté par ramettes, 10 juillet 2010 à 15:06
  • Lu quand j'étais ado après avoir vu le film. J'ai préféré le style riche de Berberova.

    Posté par Alex-Mot-à-Mots, 13 juillet 2010 à 08:16
  • @ Sophie : complètement d'accord avec toi.

    Posté par Meria, 16 juillet 2010 à 14:14
  • @ Alex : pas vu le film, mais j'ai peur d'être déçue

    Posté par Meria, 16 juillet 2010 à 14:16

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